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Intrapub

Le travail des agents publics a évolué en fonction des diverses transformations survenues au sein des organisations publiques. Les mutations du secteur public concernent à la fois les dispositifs de production des prestations publiques mais aussi les relations entre l’administration, les politiques et les citoyens qui sont également des usagers et de plus en plus considérés comme des clients. Par conséquent, la « mouvance» de la nouvelle gestion publique, que certains scientifiques n’hésitent pas à considérer comme relevant d’un nouveau paradigme de la gestion publique (Finger, 1998; Mönks, 1998; Hughes, 2003), a donc l’ambition de renouveler le fonctionnement administrativo-politique. Les initiateurs des réformes de type nouvelle gestion publique comptent sur celles-ci pour augmenter l’efficience organisationnelle.

Malgré cette volonté affichée d’accroître l’efficience des organisations publiques, force est de constater qu’en matière d’intrapreneuriat et d’innovation organisationnelle de multiples paradoxes subsistent. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer la volonté de flexibiliser l’organisation en décrivant des processus de travail ou celui de prôner le changement en créant la peur et l’apathie par des arguments financiers et économiques. De plus, alors que l’instauration de la nouvelle gestion publique visait à développer une culture d’entreprise, on in fine génère de l’égoïsme institutionnel. En effet, il émerge la contradiction entre, d’une part la volonté affichée par les autorités politiques et les instances dirigeantes d’autonomiser et de responsabiliser les services et, d’autre part, le besoin d’optimiser la coordination entre ces mêmes services. Du fait de cet égoïsme institutionnel, les services développent des normes de travail, des habitudes qui leur sont particulières, avec comme incidence l’émergence de sous cultures (Emery et Giauque, 2005).

Dans le cadre de notre recherche, un paradoxe nous préoccupe plus particulièrement, il s’agit de celui qui « oppose la «bureaucratisation», associée à la mécanisation des comportements, à l’évitement du risque et à l’absence d’initiative, et des comportements particulièrement innovateurs et intrapreneuriaux » (Bernier, Hafis, 2002).

La majorité des recherches internationales sur l’intrapreneuriat ont comme terrain d’enquête de grandes entreprises privées. Dans le secteur public, nous en sommes encore à de simples manifestations d’intérêt alors que les organisations publiques actuelles ont besoin d’innovation, ne serait-ce que pour trouver des façons de faire plus et mieux dans un contexte de ressources rares. Il nous semble donc tout à fait pertinent d’étudier s’il existe un esprit intrapreneurial dans le contexte du secteur public Suisse. Notre étude s’intéresse au processus d’intrapreneuriat, à ses facteurs d’émergence et à ses conditions de réalisation. En d’autres termes, le but de notre recherche vise à analyser les aspects organisationnels, et notamment les processus RH, les valeurs managériales prônées, le partage du pouvoir et des responsabilités, la culture et climat de travail, les outils de management mis en œuvre et les conditions de travail, qui ont une influence sur l’intrapreneuriat et l’innovation organisationnelle des agents publics.

Equipe de travail : Pannatier Gaëtan, Gaillard Thierry, Kuonen Patrick, Barbey Valérie