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Laure, Chloé, Mélanie et Marcy font partie de la même classe, en première année de la filière Soins infirmiers. Toutes les quatre ont été appelées en renfort par le Service de la santé publique. Elles ont été engagées au Centre Valaisan de Pneumologie de Montana qui a réouvert ses portes depuis deux semaines pour décharger les hôpitaux durant la crise du coronavirus.

Les quatre jeunes femmes s’étaient inscrites il y a quelques semaines sur la « liste des étudiant·e·s volontaires » de la Haute Ecole de Santé sans pour autant s’attendre à être si vite appelées à la rescousse. Mélanie confie : « Je n’ai pas réfléchi, j’ai tout de suite dit oui. Après avoir raccroché le téléphone, j’ai quand même senti une petite montée d’angoisse sachant que j’allais côtoyer des patient·e·s malades. J’ai pensé à ma famille, je ne voulais pas leur ramener le virus à la maison. Mais cette crainte s’est vite envolée. J’ai choisi de devenir infirmière pour soigner les gens, et peu importe le contexte. »

Le CVP étant fermé depuis des mois, il a d’abord fallu réinvestir et rééquiper l’établissement. « Quand je suis arrivée, il n’y avait plus que les murs. Tout a été remis en place : lits, équipements pour les soins, téléphones, télés… y compris les rideaux ! » explique Laure qui n’a pas été impressionnée pour autant : « Je suis membre du DPMA (Détachement Poste Médical Avancé) et donc formée pour intervenir en tant que soutien sanitaire d’urgence sur des gros événements. Mais c’est clair que d’arriver sur place et que rien ne soit prêt, ça peut paraître effrayant ! »    

Aujourd’hui le CVP accueille des patient·e·s testé·e·s positifs·ves au coronavirus, qui n’ont plus besoin de soins hospitaliers, mais dont le retour à domicile n’est pas encore possible. « Il y a 20 lits disponibles ; pour le moment, cinq sont occupés. On doit se montrer très polyvalentes dans notre travail. » relate Marcy. Et Mélanie de poursuivre : « On fait beaucoup d’accompagnement, on sort sur le balcon prendre l’air, on discute, on essaie de créer du lien, de rassurer. On aide aussi à la toilette. On prépare les assiettes des repas qui nous sont livrés, on les distribue et ensuite on récupère tout et on trie, on désinfecte. On n’a pas énormément de moyens sur place, on fait avec ce que l’on a ! » Chloé a, quant à elle, passé deux nuits seule avec un samaritain : « C’était la première fois que je faisais des nuits. On a fait les transmissions de dossiers, puis notre tournée pour contrôler que tout allait bien, pour vérifier la prise des médicaments, etc. C’était très enrichissant pour moi de vivre cette expérience. Je me suis sentie utile! ».

A l’unanimité, les quatre étudiantes se disent ravies voire soulagées de l’ambiance à la fois professionnelle et détendue qui règne au sein du personnel soignant. L’entraide et la solidarité sont les maîtres mots dans cet hôpital de transit.  

Côté formation en revanche, c’est un peu flou. Les étudiant·e·s savent que cette expérience aura son poids dans les évaluations, mais pas grand-chose de plus. En même temps, ce n’est pas leur priorité du moment.

Une expérience qui, malgré le contexte, reste positive pour chacune. « Je mets beaucoup en pratique ce que j’ai vu à l’école, comme des exercices respiratoires. Le fait de devoir penser à tout le processus clinique… Cela nous permet de bien nous préparer pour la suite » s’enthousiasme Mélanie. Pour Laure : « On voit ce qu’est l’organisation d’un hôpital, en vrai. On fait tout, même de la tuyauterie, et on observe après quelques doutes que tout fonctionne. Ça nous soude ! On met en place nos propres idées pour que le système soit le plus stérile possible et on parvient à ces résultats grâce au travail d’équipe ! ». Chloé précise : « Les gens pensent souvent que le métier d’infirmier×e consiste à laver les patient·e·s et leur faire des piqûres. Je trouve important que ces gens sachent que c’est bien plus que ça. On apprend une multitude de gestes précis, on doit organiser les soins, suivre la prise en charge et prendre des décisions. » Et Marcy de conclure : « Dans cette expérience, on dépasse nos limites !»

La HES-SO Valais-Wallis félicite ses étudiant·e·s et toutes les personnes qui s’engagent d’une manière ou d’une autre pour lutter contre le coronavirus.